L'année 2026 marque le 800ᵉ anniversaire du Transitus – le passage de la vie terrestre à la gloire éternelle – de saint François d'Assise. Ce centenaire est la magnifique conclusion d'un cheminement de quatre ans qui a retracé les dernières années du Poverello : de la Nativité à Greccio jusqu'à l’apparition des Stigmates au mont Alverne et la composition du Cantique des Créatures. Prier le Chemin de Croix en cette année jubilaire, c'est entrer dans la « spiritualité de la conformité », en reconnaissant en saint François l'Alter Christus (l'autre Christ), dont la vie fut une icône vivante de la Passion de Jésus.
Le Chemin de Croix est un don proprement franciscain fait à l'Église. Au XIVᵉ siècle, devenus gardiens des Lieux Saints, et face à l'impossibilité pour beaucoup de s’y rendre en pèlerinage, les frères offrirent au monde la Via Dolorosa à travers ces quatorze stations. Dans la théologie franciscaine, la Croix n'est pas seulement un lieu de souffrance, mais la révélation de « l'humilité de l'Incarnation » et de « la charité de la Passion ». Nous ne parcourons pas ce chemin en spectateurs, mais en participants, cherchant à être « transformés en l'Aimé » par le feu de l'amour divin.
Au seuil de ce pèlerinage, tournons notre regard vers les derniers instants de saint François à la Portioncule, où il demanda à être déposé nu sur la terre nue, accueillant « Sœur la Mort corporelle » par un chant de louange. Invitons le « Petit Pauvre » d'Assise à guider nos pas, afin que nos amertumes se changent en « douceur pour l'âme et pour le corps » alors que nous rencontrons le Seigneur Crucifié dans le pauvre, l'exclu et les blessures de notre propre cœur.
(Devant le Crucifix de Saint-Damien)
« Dieu Très-Haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur ; donne-moi une foi droite, une espérance solide et une charité parfaite ; donne-moi, Seigneur, le sens et la connaissance pour accomplir ton saint et vrai commandement. »
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Jésus, l'innocent par excellence, qui ne commit ni ne pouvait commettre de péché, est condamné à une mort infâme pour satisfaire la foule. Dans la vie de saint François, cette station trouve un écho lors de son jugement public devant l'évêque d'Assise. Tout comme Jésus fut condamné par les pouvoirs de son temps, François fut « condamné » et rejeté par sa famille et la société marchande d'Assise pour avoir choisi une vie de pénitence.
En se dépouillant de ses vêtements et en renonçant à son père terrestre, Pietro di Bernardone, François accepta une forme de mort sociale. Il choisit la voie de la Minorité – se faire « mineur » – s'identifiant au Christ condamné plutôt qu'à la sécurité du monde. En ce 800ᵉ anniversaire de son Transitus, rappelons-nous que le chemin de François vers la vie éternelle commença par cette radicale « sentence » de pauvreté, prouvant que l'abaissement aux yeux du monde est l'unique voie d'exaltation aux yeux de Dieu.
Ô Jésus Innocent, je suis coupable de l'orgueil et de l'égoïsme qui t'ont condamné. Par l'intercession de saint François, accorde-moi la grâce de « renoncer avec joie aux vanités de ce monde ». Aide-moi à chercher l'approbation du Père seul et à trouver ma véritable identité non dans mes possessions ou ma réputation, mais en me faisant « mineur » à ta suite.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Lorsque notre Divin Sauveur vit la croix, il tendit volontiers ses bras ensanglantés, l'embrassa avec amour et la baisa avec tendresse. Pour saint François, ce moment d'étreinte eut lieu dans l'église en ruine de Saint-Damien. Alors qu'il priait intensément devant l'image du Crucifié, le Seigneur lui parla : « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine. »
François n'hésita pas ; il accepta cette mission comme sa croix, passant de la « poursuite de soi
» au « service des pauvres ». Cette station met en lumière la vertu franciscaine d'Obéissance, fondée sur l'abandon de la volonté du Christ au Père sur « l'autel de la croix ». François comprit que la « maison » qu'il était appelé à rebâtir n'était pas de pierre, mais l'Église vivante, et il assuma ce poids avec « l'exubérance d'un nouveau commencement ». En nous souvenant de sa mort, rappelons-nous que François voyait la croix comme un « joug aimable » et un « fardeau léger » car elle était le moyen de sa transformation à l'image du Christ.
Ô mon Jésus, je ne peux être ton ami et ton disciple si je refuse de porter la croix. À l'exemple de saint François, donne-moi la grâce d'entendre tes « ordres de mission » dans le silence de mon cœur. Aide-moi à « embrasser la croix » de ma propre vie – mes luttes, mes responsabilités et mon appel à servir – sachant que lorsque j'assume ton œuvre, je ne porte jamais le poids seul. Fais de moi une « pierre vivante » pour réparer ton Église par une vie de prière et d'oubli de soi.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Notre Sauveur, portant la croix, fut si affaibli par son poids qu'il tomba épuisé à terre. Dans la vie de saint François, cette « première chute » se lit dans son expédition militaire manquée vers les Pouilles (Spolète). Parti avec des rêves de chevalerie, il tomba malade et fut contraint de rentrer chez lui, affrontant les moqueries de ses voisins et l'effondrement de ses ambitions terrestres.
La spiritualité franciscaine enseigne que ces chutes sont « la preuve de notre humanité », nous rappelant que nous trébuchons souvent lorsque nous tentons de réussir par nos seules forces. En cette année anniversaire, souvenons-nous de la leçon de François : « certains bois sont plus forts que l'acier car ils savent plier ». En tombant, Jésus s'est identifié à tous ceux qui sont face contre terre, nous enseignant que l'Esprit de Dieu demeure en nous, même dans nos défaites.
Ô mon Jésus, tu as porté le lourd poids de mes péchés qui ont rendu ta croix insupportable. Par l'intercession de saint François, aide-moi à accepter mes limites et mes échecs sans amertume. Lorsque je suis tenté de chercher mon propre succès, rappelle-moi que « le Père me veut moi, et non mes réussites ». Donne-moi la force de me relever et de te suivre à nouveau sur le chemin de la pénitence et de la paix.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Considérez la rencontre du Fils et de la Mère. Quelles douleurs indicibles son cœur tendre a dû éprouver en voyant son enfant défiguré par les plaies et le sang. Dans la spiritualité franciscaine, cette rencontre est celle de deux cœurs parfaitement conformés à « l'humilité de l'Incarnation ». Saint François vouait une dévotion singulière à Marie, la nommant « Reine des Vertus » car il voyait en elle le modèle parfait de Dame Pauvreté.
Il méditait souvent avec larmes sur la pauvreté de Jésus et de sa Mère, notant que le même Dieu qui fut « suspendu au sein de la femme » était maintenant suspendu au bois de la croix. Pour François, Marie était la « Porte de la Vie », celle qui partagea la pauvreté du Roi des Rois, de la mangeoire de Greccio aux hauteurs du Calvaire. En cette année centenaire, nous voyons dans cette station la « prophétie de la paix » qui surgit lorsque, comme Marie et François, nous restons « debout près de la croix », refusant de détourner le regard de la souffrance de l'Aimé.
Ô Jésus, par les mérites de cette rencontre douloureuse, accorde-moi une vraie dévotion envers ta Très Sainte Mère. Par l'intercession de saint François, donne-moi la grâce de reconnaître « l'humilité de Dieu » en toutes choses. Ô Mère des Douleurs, fais-moi participer aux souffrances que Toi et ton Fils avez endurées pour moi, afin que mon cœur soit éclairé dans ses ténèbres et que ma vie devienne une « nativité vivante » de votre amour.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Alors que les forces physiques de Jésus déclinent, les soldats contraignent Simon de Cyrène à l'aider à porter le lourd bois de la croix. Dans la vie de saint François, cette station représente la naissance de la Fraternité — le moment où il réalisa qu'il n'était pas appelé à marcher seul sur la voie de l'Évangile. Tout comme Simon fut appelé à partager le poids de la Passion, François fut rejoint par ses premiers frères, Bernard de Quintavalle et Pierre de Catane, touchés par sa vie simple et radicale de pénitence.
La spiritualité franciscaine enseigne que l'Ordre n'est pas une hiérarchie de pouvoir, mais une fraternité où chacun est un « mineur », appelé à servir l'autre. En acceptant de l'aide, Jésus honore notre humanité et nous rappelle que le soin apporté à notre prochain est un soin apporté au Christ lui-même. En ce 800ᵉ anniversaire, réfléchissons à la « prophétie de la fraternité » comme alternative à un monde fondé sur la puissance, reconnaissant que nous sommes appelés à porter les fardeaux les uns des autres.
Ô mon Jésus, tu as accepté l'aide d'un étranger pour nous enseigner la « joie du pardon » et la nécessité de la communauté. Par l'intercession de saint François, donne-moi la grâce d'être un vrai frère (une vraie sœur) pour ceux que je rencontre. Aide-moi à déposer mon orgueil pour laisser les autres m'aider quand je trébuche, et rends-moi toujours prêt à « ramener celui qui s'égare » et à « panser les plaies » de ceux qui sont écrasés par les croix de cette vie.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Le geste de compassion de Véronique « réveille l'image du Christ » sur le visage défiguré d'un condamné. C'est le parallèle par excellence avec la rencontre de saint François et du lépreux. Initialement repoussé par la lèpre, François admit qu'il lui semblait « trop amer » de voir ceux qui en étaient atteints. Cependant, le Seigneur « le conduisit parmi eux », et François descendit de cheval pour embrasser un homme qui incarnait tout ce qu'il craignait.
À cet instant, François réalisa qu'il embrassait le Christ Jésus lui-même. Cette rencontre fut le « tournant de la grâce » qui changea sa foi à jamais. Tout comme Véronique rejeta les normes d'un monde qui ne regarde que les puissants, François apprit à voir le « visage même de Dieu » sur les traits des pauvres et des exclus. Commémorant sa mort, nous nous souvenons que ce baiser fit taire ses jugements et changea l'amertume en « douceur pour l'âme et le corps ».
Ô mon Jésus, qui as laissé l'empreinte de ta Sainte Face sur le voile de Véronique, imprime ton image sur mon cœur. Par l'intercession de saint François, donne-moi la grâce d'affronter ma répulsion des nécessiteux. Change mon amertume en douceur, afin que je ne détourne plus le regard de la souffrance d'autrui. Aide-moi à comprendre que mon rôle n'est pas de juger, mais d’accueillir et de consoler, par ta présence, le malade, l’abattu et l'exclu.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Accablé par le poids de la croix et la cruauté de ceux qui le pressent, Jésus tombe une seconde fois. Dans la vie de saint François, cette chute se reflète dans la « grande crise » qu'il traversa au sein de son Ordre vers la fin de sa vie. Alors que la fraternité grandissait, de nombreux frères cherchèrent à adoucir la pauvreté radicale de la Règle, menant à des divisions internes.
Ce fut pour François une « nuit obscure » — un temps de confusion spirituelle, de maladie et de déception profonde. Il sentit comme un lourd poids le fait de voir la « maison » qu'il avait bâtie menacer de tomber dans une autre forme de ruine. Pourtant, comme Jésus se relevant de la poussière, François apprit qu'il devait « laisser le Père agir à travers lui » plutôt que de s'accrocher à ses propres succès. Cette station nous rappelle que la croix se trouve souvent dans l'amertume de voir nos rêves changer, et que la vraie sainteté consiste à persévérer dans l'amour quand le chemin devient abrupt.
Ô Jésus, tombé sous le poids de nos fautes mais relevé pour poursuivre la route, accorde-moi la force de l'Esprit. Par l'intercession de saint François, aide-moi lorsque je suis « face contre terre » à cause de problèmes familiaux, d'échecs ou de déceptions. Enseigne-moi la sagesse de « plier » à ta volonté, afin que je ne sois pas brisé par mon amour-propre. Quand je suis tenté d'abandonner, donne-moi la grâce de me relever et d'être fidèle jusqu'au bout.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Jésus, bien que chargé de la croix, se préoccupe moins de son innocence que du sort des femmes qui pleurent, les exhortant à une vraie conversion. Dans la vie de saint François, cette station correspond à sa profonde fraternité spirituelle avec sainte Claire et les Sœurs Pauvres à Saint-Damien. François reconnut que la mission de l'Évangile nécessitait la prière inébranlable de ces femmes pour résister aux « cultures de mort ».
Au cœur de cette station se trouve la « prophétie de la paix ». Un exemple puissant en fut donné lorsque François, déjà malade, ajouta une strophe à son Cantique des Créatures concernant ceux qui « pardonnent pour ton amour ». Ce chant mit fin à une haine tenace entre l'évêque et le podestat d'Assise, prouvant que la voie de la Croix est le seul chemin vers la concorde. En ce 800ᵉ anniversaire, rappelons-nous que nous sommes appelés à être des témoins « désarmés et désarmants » de la paix du Christ.
Ô mon Jésus, qui as cherché à consoler les femmes de Jérusalem, enseigne-moi la « joie du pardon ». Par l'intercession de saint François et de sainte Claire, donne-moi le courage de bâtir des ponts là où le monde élève des frontières. Accorde-moi un cœur qui soit une « maison de paix », toujours prêt à guérir les blessures de la division dans ma famille, ma communauté et ma propre âme.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Jésus tombe une troisième fois, atteignant le point d'épuisement total avant l'ascension finale. Dans la vie de saint François, cette chute ultime se reflète dans l'effondrement dramatique de sa santé. À l'automne 1224, « usé par les nombreux voyages, les jeûnes et les intempéries », François monta à l'Alverne presque aveugle et gravement malade. Il ne supportait plus la lumière du soleil ni le feu, vivant dans les ténèbres et la douleur.
Même dans cet état de « dépossession » totale, François n'abandonna pas sa mission. Il se retira pour « centrer sa prière sur la passion et la mort de Jésus ». La spiritualité franciscaine nous enseigne que « nul ne peut atteindre la béatitude s'il ne s'élève au-dessus de lui-même » par l'aide divine dans cette « vallée de larmes ». Cette station nous révèle un François « abaissé » par le poids de sa mortalité, mais demeurant « fidèle jusqu'à la fin » en s'appuyant entièrement sur l'Esprit de Dieu.
Ô mon Jésus, par cette troisième et très douloureuse chute, accorde-moi la grâce de la persévérance. Par l'intercession de saint François, aide-moi quand je me sens « épuisé au pied du Calvaire ». Lorsque je suis à terre à cause de la maladie ou d'une perte profonde, rappelle-moi que Dieu me veut moi, et non mes succès. Apprends-moi à soupirer après ton aide, confiant que tu me relèveras pour me porter jusqu'au bout.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Les bourreaux dépouillent violemment Jésus. Il est privé de tout pour mourir sans rien posséder. Dans la vie de saint François, cette station trouve son parallèle le plus profond lors de ses derniers instants à la Portioncule, le 3 octobre 1226. Conscient que « Sœur la Mort corporelle » était proche, François demanda un geste suprême de foi : il demanda à ses frères de le dépouiller de son habit et de le déposer « nu sur la terre nue ».
C'était la consommation ultime de son mariage avec Dame Pauvreté. François désirait mourir dans un dénuement total, en parfaite conformité au Christ nu sur la croix. La théologie franciscaine nous enseigne que ce dépouillement n'est pas une honte, mais un « geste suprême de foi en la paternité de Dieu ». En lâchant les derniers « signes de statut », François montra par sa vie que, une fois dépouillés des vêtements de ce monde, nous devenons libres d'être entièrement revêtus de la grâce de Dieu.
Ô mon Jésus, par la douleur de ton dépouillement, aide-moi à me dépouiller de mes « mauvaises habitudes ». Par l'intercession de saint François, donne-moi la grâce du détachement. Aide-moi à réaliser que mes possessions et ma réputation sont bien peu de choses à l'heure de ma mort. Dépose-moi « nu sur la terre nue » de ta miséricorde, afin que je vive pleinement comme un enfant du Père, confiant que Tu es mon seul vrai trésor.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
La crucifixion est le sommet de la Passion, où le Christ est « identifié par sa passion aux pauvres ». Pour saint François, cette station trouve son parallèle dans la réception des Stigmates à l'Alverne en 1224. Deux ans avant sa mort, François demanda au Seigneur deux grâces : ressentir dans son corps la douleur que Jésus endura, et ressentir dans son cœur l'amour excessif qui conduisit Jésus à accepter une telle souffrance.
En réponse, François eut la vision d'un Séraphin de feu portant l'image d'un crucifié. Il découvrit alors dans sa propre chair les plaies du Seigneur. Par les stigmates, François devint une « icône vivante du Christ crucifié », prouvant que le « feu de l'amour » transforme l'amant en l'Aimé. En ce 800ᵉ anniversaire, nous voyons que François n'a pas seulement médité sur les clous ; il les a portés, témoignant que Dieu s'est uni à nous à travers l'humanité de Jésus.
Ô mon Jésus, dont les mains et les pieds furent transpercés pour mon salut, laisse les « clous de ton amour » fixer mon cœur à ta croix. Par l'intercession de saint François, accorde-moi la grâce de la « conformité » — que je ne ressente pas seulement ta douleur, mais aussi l'amour excessif que tu as pour l'humanité. Aide-moi à porter les marques de Jésus en servant ceux qui sont « cloués » par la maladie et le désespoir.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
En mourant sur la croix, Jésus partage la désolation de ceux qui voient leurs rêves s'effondrer, pourtant il meurt comme il a vécu : dans une confiance totale en l'amour du Père. Pour saint François, cette station représente le Transitus, le passage vers l'autre vie au soir du 3 octobre 1226. Ayant été porté par ses frères au lieu de sa chère Portioncule – petite chapelle dédiée à Notre-Dame des Anges – pour « rendre l'esprit de vie là où il avait reçu l'esprit de grâce », François rassembla ses frères.
Il demanda la lecture de l'Évangile de Jean et entonna le Psaume 141 : « À pleine voix je crie vers le Seigneur ». En accueillant « Sœur la Mort » avec une « joie inhabituelle », François montra que la mort n'est pas une fin terrible mais « une porte ouverte vers l'Amour éternel ». En ce 800ᵉ anniversaire, nous voyons dans le Poverello le parfait Alter Christus, prouvant qu'une vie donnée par amour devient le « grain qui meurt pour porter du fruit » en éternité.
Ô mon Jésus, qui es mort par amour pour moi, accorde-moi la grâce de mourir à ma volonté propre. Par l'intercession de saint François, aide-moi à accueillir « Sœur la Mort » comme une amie, sachant qu'elle ne peut me nuire si je demeure dans ta sainte volonté. Donne-moi un cœur assez humble pour rejoindre le chœur de la création, et puissé-je, comme François, quitter ce monde en chantant tes louanges.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Le corps sans vie de Jésus est remis entre les bras de sa Mère. Cette enveloppe humaine, qui a contenu la vie la plus honorable jamais vécue, est désormais un témoin silencieux de la « charité de la Passion ». Dans la vie de saint François, cette station correspond au matin du 4 octobre 1226, lorsque son corps fut porté en procession vers la ville d'Assise.
Le cortège s'arrêta à Saint-Damien pour que sainte Claire et ses sœurs puissent pleurer sur lui et embrasser ses mains percées. À cet instant, elles virent de leurs yeux « l'icône vivante du crucifié » — la preuve physique de sa totale conformité au Christ. En ce 800ᵉ anniversaire, nous réfléchissons au « grain qui meurt », reconnaissant que le corps de François est devenu un « trésor » de grâce qui continue d'inspirer le monde vers la paix et la fraternité.
Ô mon Jésus, dont le corps fut remis à ta Mère, aide-moi à réaliser que « nous n'emportons rien de ce que nous avons reçu, mais seulement ce que nous avons donné ». Par l'intercession de saint François et de sainte Claire, donne-moi la grâce de devenir une « semence de vie éternelle » par des actes de miséricorde. Que ma vie soit une « mémoire vivante » de ton sacrifice.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
V. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons.
R. Parce que tu as racheté le monde par ta sainte croix.
Jésus est déposé dans un tombeau d'emprunt, acte final de sa pauvreté. Dans la vie de saint François, cette sépulture représente « l'enfouissement » qu'il chercha à imiter toute sa vie.
D'abord inhumé à l'église Saint-Georges, il fut plus tard transféré sous l'autel de la Basilique, dans un lieu resté caché des siècles durant.
La théologie du tombeau dans la tradition franciscaine est une théologie d'espérance. Tout comme le tombeau n'a pu retenir le Christ, l'esprit de François vit à travers les huit siècles de son Ordre. En cet anniversaire de son Transitus, le thème du « grain qui meurt pour porter du fruit » nous rappelle que d'une vie donnée surgit une fécondité inattendue. Cette station nous invite à redécouvrir l'héritage de François comme une responsabilité partagée : être des artisans de paix et des gardiens de la création.
Ô mon Jésus, qui as reposé au tombeau pour sanctifier la tombe, accorde-moi le don d'une « espérance inébranlable ». Par l'intercession de saint François, aide-moi à voir que même dans les moments « cachés » de ma vie, ta grâce est à l'œuvre. Puis-je croire que les semences d'amour plantées aujourd'hui fleuriront pour la vie éternelle. Aide-moi à être témoin d'un amour qui ne meurt jamais.
V. Seigneur Jésus, crucifié,
R. Aie pitié de nous !
Le 800ᵉ anniversaire du Transitus de saint François n'est pas un simple regard vers le passé, mais un temps de « renouveau et de responsabilité ». Cette année jubilaire nous invite à traduire « l'espérance de la Croix » en actes concrets. En parcourant ces stations, nous avons médité sur l'héritage du Poverello : la Miséricorde, l'Amour fidèle pour l'Église, et la Vie Fraternelle.
Saint François demeure l'Alter Christus, qui nous montre que la sainteté est accessible à tous ceux qui acceptent de s'abaisser par amour. En quittant ce Chemin de Croix, nous emportons avec nous l'esprit du « grain qui meurt pour porter du fruit », appelés à être des artisans de paix, gardiens de la création et témoins d'un amour qui ne meurt jamais.
(Prière inspirée pour le VIIIᵉ Centenaire)
« Saint François, notre frère, toi qui, il y a huit cents ans, es allé à la rencontre de Sœur la Mort en homme pacifié, intercède pour nous devant le Seigneur. Tu as reconnu la vraie paix dans le Crucifix de Saint-Damien ; apprends-nous à chercher en Lui la source de toute réconciliation. Toi qui, sans armes, as traversé les lignes de guerre, donne-nous le courage de bâtir des ponts là où le monde élève des murs. En ce temps affligé par les conflits, fais de nous des artisans de paix : témoins désarmés et désarmants de la paix qui vient du Christ. Amen. »
(À Frère Léon)
Le Ministre : Que le Seigneur te bénisse et te garde.
Tous : Amen.
Le Ministre : Qu'il te montre sa face et te prenne en pitié.
Tous : Amen.
Le Ministre : Qu'il tourne vers toi son visage et te donne la paix.
Tous : Amen.
Le Ministre : Que le Seigneur te bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Tous : Amen.
Le Ministre : Allons dans la paix du Christ.
Tous : Nous rendons grâce à Dieu.
Conception et Réalisation : Fra. Joseph Arputharaj, OFM Cap., France
Assistance à la création : Technologies d’Intelligence Artificielle
Remerciements particuliers pour sa collaboration à : Fra. Marie Nicolas, OFM Cap., France